Qu’est-ce que la nutrithérapie

Pour histoire, depuis les années 50, le rôle essentiel des macronutriments et des micronutriments dans la prévention, le traitement ou le co-traitement de nombreuses pathologies ont été mis en avant par de nombreuses études expérimentales, épidémiologiques et cliniques.

Au début du XXème, la biochimie s’est affinée et l’on a découvert l’importance d’éléments en plus petites quantités dans le corps : les minéraux (appelés oligoéléments quand ils sont en très faible quantité) et les vitamines, dont on a enfin compris que le manque pouvait être mortel et générateur de maladies comme le scorbut, le béribéri, la pellagre, le rachitisme, l’anémie…

En 1968, Linus Pauling, chimiste américain de renom, met en lumière la médecine orthomoléculaire qui agit au niveau cellulaire à l’aide de substances physiologiquement actives (les vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides gras essentiels, acides aminés et enzymes digestives).

De cette vague de travaux et dans la lancée de Linus Pauling est née une nouvelle discipline : La NUTRITHERAPIE. Une discipline qui parle au corps son propre langage, avec des molécules qui le composent (acides aminés, acides gras, vitamines, minéraux,etc ), qui lui permettent de fonctionner et des molécules proches, issues de la biochimie végétale, ce qui explique en grande partie un rapport bénéfice/risque au départ très supérieur à celui de toute intervention xénobiotique.

Ainsi, la nutrithérapie n’est pas une médecine alternative, mais une discipline qui se positionne à l’interface entre la nutrition et la médecine. Elle utilise les propriétés pharmacologiques des aliments, des nutriments et des substances actives présentes dans l’alimentation pour aider des personnes à se soigner et à être en meilleure santé au quotidien. Elle repose donc sur la biochimie dont elle est l’application pratique.

Selon les principes de la nutrithérapie, l’alimentation agit directement sur l’état de santé d’une personne et il est donc possible d’influencer le fonctionnement de l’organisme et l’évolution d’une maladie, en modifiant l’alimentation et les apports en nutriments.

Il y a de cela plus de deux mille huit cents ans, Hippocrate édictait son fameux « Que ton aliment soit ton médicament ». Se soigner en mangeant, c’est ainsi que le nutrithérapeute s’intéresse au rôle de chaque nutriment dans la prévention et le traitement de différents problèmes de santé.

La médecine du XXème siècle a évolué de manière spectaculaire, à la fois grâce aux avancées des siècles précédents et par les techniques et technologies médicales innovantes, les médicaments et molécules chimiques toujours plus puissantes. Mais l’homme, en se « civilisant » a réussi à se rendre malade par son hygiène de vie et ses choix alimentaires.

Avec l’agriculture intensive et l’utilisation de produits chimiques, le sol s’est terriblement appauvri. Nos végétaux ont ainsi perdu leur richesse nutritionnelle. De plus, les méthodes de conservation moderne, de préparation, de raffinage et de cuisson à haute température, de même que l’utilisation d’additifs alimentaires ont encore appauvri la densité nutritionnelle de l’aliment. Sans compter l’arrivée de produits préparés trop sucrés, trop salés avec une haute teneur en matière grasse saturée, voire trans, qui ont transformé l’aliment en véritable « poison ». De même que la prise de certains médicaments avec leurs effets secondaires ainsi que les pollutions comme le tabagisme, l’alcool, le stress, la pollution atmosphérique augmentent les besoins en nutriments et en nutriments essentiels.

Que peut apporter la nutrithérapie ?

Le nutrithérapeute va optimiser l’énergie, faire un bilan, corriger les déséquilibres alimentaires et les déficits nutritionnels, proposer des techniques de coaching, conscientiser sur les pollutions de l’environnement (travail, transport, maison, cuisson, etc). C’est l’art d’utiliser les nutriments comme moyen préventif ou correctif des dysfonctionnements de l’organisme. La méthode de préparation des aliments est également abordée, pour préserver au maximum les bienfaits nutritionnels des aliments (notamment leur contenu en vitamines et en sels minéraux), tout en évitant la formation de produits dangereux pour la santé, par exemple les substances cancérigènes contenues dans le grillé des viandes ou des poissons ou dans les graisses portées à trop vive température.

La nutrithérapie repose sur l’utilisation à des fins préventives ou thérapeutiques des éléments suivants:

  • Des aliments.
  • Des compléments alimentaires.
  • Des substances pharmacologiquement actives présentes dans les aliments.
  • Des vitamines et minéraux.

L’un des concepts clés de la nutrithérapie est la notion de nutriment. Les nutriments correspondent aux différentes substances que l’organisme doit absorber pour fonctionner correctement. Les spécialistes distinguent deux catégories de nutriments:

  • Les macronutriments fournissent l’énergie indispensable aux cellules et sont absorbés en grande quantité. Ces nutriments sont les protéines, les glucides et les lipides.
  • Les micronutriments regroupent tous les nutriments dont l’organisme a besoin en petite quantité, comme les vitamines et minéraux.
  • Dans les aliments, ne se trouvent pas uniquement des nutriments. Les aliments renferment généralement plusieurs centaines de substances, qui ne sont pas toujours assimilables à des nutriments, telles que des pigments ou des polyphénols (substances possédant des propriétés antioxydantes).
  • La nutrithérapie s’intéresse à la nature, à la quantité et à la qualité des nutriments qu’une personne absorbe quotidiennement.

Les compléments alimentaires ne se justifient que si les apports nutritionnels optimaux ne peuvent pas se faire par l’alimentation, si les besoins sont augmentés (ex-croissance, grossesse, sport, etc), si l’on a besoin d’une dose correctrice de déficit ou pharmacologique, si la pharmacologie nécessite une prise séparée de l’alimentation (ex : acides aminés précurseurs de neurotransmetteurs).

Diététicien, Nutritionniste et/ou Nutrithérapeute ?

  • Le Diététicien, non médecin, est un technicien de l’alimentation. Il a suivi une formation très complète (bachelier en diététique) sur le bilan alimentaire visant surtout l’aspect quantitatif de l’alimentation et en particulier les calories et les macro-nutriments, à savoir les lipides, les glucides et les protéines. De plus, il maîtrise les techniques de préparation culinaire, les processus de fabrication industrielle des aliments, l’hygiène alimentaire et les moyens de conservation des aliments, la lecture d’étiquetage nutritionnel, la prise en charge de patients présentant des besoins spécifiques en milieu  hospitalier (grands brûlés, insuffisants rénaux, dialyses, insuffisants respiratoires, alimentation parentérale,…), la conception de locaux et d’équipement de cuisines collectives, etc.
  • Le Médecin nutritionniste a suivi une formation plus approfondie, mais sa pratique est presque limitée au surpoids et au diabète. Par ailleurs, il manie plus facilement les médicaments contre ces pathologies (diabète…) que le conseil alimentaire qu’il délègue souvent au diététicien qui aidera le patient à mettre les conseils nutritionnels en pratique.
  • Le Nutrithérapeute aborde les plaintes du patient (fatigue, anxiété, dépression, troubles digestifs, infection à répétition…) et ses maladies (s’il est médecin) d’un point de vue biochimique, afin d’intervenir au niveau le plus fin, le niveau moléculaire. En outre, chaque individu étant différent par ses gènes, son alimentation et son environnement, le nutrithérapeute prendra le temps nécessaire pour identifier le profil du patient. A partir d’un tel tour d’horizon, le nutrithérapeute peut voir quelles modifications alimentaires sont prioritaires, quelles prises de compléments sont nécessaires et quelles réductions de surcharges doivent être entreprises. Il a pour priorité de résoudre chaque fois que possible les déficits, les symptômes et les signes dont se plaint le patient par des conseils alimentaires spécifiques. Il sera amené à utiliser des compléments alimentaires quand l’alimentation seule ne peut pas fournir les quantités suffisantes.

Formation et compétences spécifiques du Nutrithérapeute

  • Etude de l’impact de l’alimentation et de certains nutriments sur le veillissement. Le Nutrithérapeute est formé par exemple à proposer des outils pour réduire le stress oxydatif mitochondrial à l’origine de molécules corrosives qui sont considérés comme des facteurs majeurs du vieillissement et des pathologies dégénératives qui en découlent.
  • Alimentation hypotoxique (éviter certains additifs alimentaires, perturbateurs endocriniens, etc)
  • Etude approfondie des micronutriments tels que les vitamines, minéraux et autres composants de l’alimentation (caroténoïdes, polyphénols, phyto-oestrogènes, probiotiques…)
  • Utilisation des compléments alimentaires quand l’alimentation seule ne peut pas fournir les quantités suffisantes en nutriments essentiels.
  • Etude des formules moléculaires les plus intéressantes pour une meilleure absorption (notion de biodisponibilité nutritionnelle).
  • Etude des effets anti-nutritionnels des médicaments.
  • Prise en compte de l’interraction de l’alimentation sur l’expression des gènes ainsi que la spécificité individuelle de chacun (nutrigénomique et nutrigénétique).

En Conclusion

En résumé, la nutrithérapie conseille en prévention le respect d’une alimentation saine et équilibrée. Des conseils plus personnalisés peuvent être énoncés aux personnes qui ont des risques particuliers ou certaines pathologies.

De nombreuses études scientifiques ont porté sur l’effet de l’alimentation ou de certains nutriments sur le fonctionnement de l’organisme, sur le développement de certaines pathologies et sur l’évolution de diverses maladies, comme:

  • Les maladies cardiovasculaires;
  • Le diabète;
  • Les allergies.

Les études les plus récentes ont mis en évidence que la nutrithérapie, en favorisant une alimentation saine et équilibrée et en assurant des apports quantitativement et qualitativement optimaux en nutriments, contribuait à l’amélioration de plusieurs aspects:

  • Le fonctionnement des muscles et des articulations;
  • Le sommeil;
  • La concentration;
  • Le stress;
  • La mémoire;
  • Les défenses immunitaires.

Utilisée en complément d’autres approches, médicales ou non, elle peut contribuer très utilement à préserver la santé et à améliorer l’état de santé de personnes atteintes de maladies chroniques.

Source :

https://www.sante-sur-le-net.com/sante-quotidien/therapies/nutritherapie/

https://www.cfna.be/formation-nutritherapie/la-nutritherapie/

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